À Nièm-Yéléwa : les élections groupées du 28 décembre tournent au fiasco dans la circonscription de Bouar 4

Rédigé le 03 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Nièm-Yéléwa, dans la circonscription électorale de Bouar 4, le déroulement du vote du 28 décembre dernier a viré au désordre complet. Les dysfonctionnements ont commencé bien avant le jour J et se sont amplifiés jusqu’à transformer l’élection en une parodie.
Dès l’ouverture de la campagne électorale le 13 décembre dernier, les incidents se sont multipliés. Le maire de la ville, nommé par le dictateur Faustin-Archange Touadera, a publiquement réclamé le soutien des électeurs pour l’ancien colonel rebelle du groupe 3R, candidat sur la liste du MCU, parti du dictateur Faustin-Archange Touadera. Le maire est allé jusqu’à menacer la population : ceux qui refuseraient de voter pour ce candidat verraient leurs champs détruits. Le maire, qui se trouve être le frère du candidat en question, n’a pas hésité à formuler ces menaces devant plusieurs témoins.

Durant la période de campagne, des anciens rebelles du 3R, devenus bras armés du pouvoir, ont débarqué en nombre dans la localité de Nièm-Yéléwa, créant une atmosphère de pression sur les habitants. Les consignes étaient simples : voter pour le parti au pouvoir et son représentant, sinon apprêtez-vous à courir. Ils ont fait des réunions avec des chefs des quartiers et des villages, menaçant gravement ces derniers.
Le jour du scrutin, la situation a basculé dans le chaos total. La représentante de l’autorité nationale des élections, avec son badge au cou, a été surprise en train de bourrer les urnes publiquement. Comme si cela ne lui suffisait pas, elle rentre à chaque fois dans les isoloirs, montrant aux électeurs les personnes qu’ils doivent voter.

Mais ce n’est pas tout. Derrière le bâtiment qui abrite le bureau de vote, une personne a été installée discrètement pour guider les électeurs peu familiers avec la procédure à voter tel ou tel candidat. Cachée derrière le bâtiment, cette personne indiquait aux votants sur quel nom apposer le tampon, orientant le choix vers l’ancien chef rebelle et le candidat Faustin-Archange Touadera. Les habitants de la zone, peu habitués aux scrutins, suivaient ces instructions sans se douter qu’on manipulait leur vote.
Cette personne a également été filmée par notre équipe, les preuves s’accumulent. Pourtant, face à ces images et à ces témoignages, la MINUSCA, lors de sa conférence de presse à Bangui, maintient sa ligne habituelle : il ne s’agirait que de rumeurs sans fondement. Et ce n’est pas journalistique d’en parler. Une réponse qui laisse les observateurs perplexes devant l’accumulation de preuves visuelles.
Les conditions minimales pour garantir la sincérité du scrutin n’ont pas été respectées. Les électeurs ont voté sous la contrainte, guidés par des complices placés stratégiquement autour du bureau de vote. La représentante officielle censée veiller au bon déroulement des opérations a participé activement aux irrégularités, prise en flagrant délit.
Par Arsène Ngala
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