À Boali, des fous tabassent un fou et crient victoire sur les réseaux sociaux
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Des fous, considérés par les centrafricains comme des soldats des forces armées centrafricaines, ont, dans leur folie, tabassé un homme fou comme eux près de Boali, filmé la scène et diffusé la vidéo en ligne, se félicitant d’avoir neutralisé un rebelle.
Les faits se sont produits la semaine dernière sur la route de Boali, à 45 kilomètres de Bangui, précisément dans la ferme privée du chef d’état-major Zéphirin Mamadou. Une ferme privée où ces soldats du désordre sont déployés, non pas pour des missions militaires, mais pour effectuer des travaux agricoles au profit de leur chef d’État-major, qui utilise l’armée nationale comme sa propre entreprise personnelle.
C’est dans ce cadre que ces soldats du désordre ont mis la main sur un homme visiblement dérangé mentalement, avec des vêtements sales, baladant sans but précis dans les parages. Sans chercher à vérifier quoi que ce soit, ces fous de Touadera se sont acharnés sur lui à coups de poings et de pieds, devant les habitants du village médusés, qui observaient la scène sans comprendre ce que cet homme aurait bien pu faire de répréhensible.
Pourtant, rien sur lui ne permettait d’accréditer la thèse d’un combattant rebelle : des vêtements souillés, des chaussures en lambeaux, une allure de quelqu’un abandonné à lui-même depuis longtemps. Mais les fous de Touadera ont maintenu leur version, affirmant avoir capturé un rebelle de la CPC qui voulait, selon leurs propres mots, faire courir de nouveau la population. L’un d’eux a même déclaré dans la même vidéo publiée en ligne qu’ils avaient assez couru, et que désormais, c’était terminé.

La vidéo a circulé rapidement sur les réseaux sociaux, présentée comme la preuve d’un exploit militaire. Ces hommes en uniforme attendaient visiblement une récompense, peut-être même une promotion en grade, pour avoir maîtrisé un fou sans défense.
D’ailleurs ce n’est pas la première fois qu’un fou devient la cible de violences de la part de porteurs d’armes en Centrafrique : à Zémio, des mercenaires russes avaient tué un fou, convaincu qu’il s’agissait d’un milicien azandé déguisé.
Par Anselme Mbata
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