Bambari : Quand les poubelles et les herbes révèle l’impuissance municipale

Entre herbes folles et excuses bancales, Abel Matchipata, le maire de Bambari incarne -t-il l’incompétence généralisée des maires ou la faillite d’un système qui abandonne ses citoyens ?
Rédigé le 15 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Bambari, les herbes poussent plus vite que les solutions d’Abel Matchipata. Le maire de cette ville, visiblement dépassé par l’ampleur de la tâche, multiplie les déclarations d’intention pendant que sa commune se transforme en savane urbaine. Entre les bâtiments publics envahis par la végétation et les espaces privés livrés à eux-mêmes, Bambari offre le spectacle désolant d’une administration locale qui a baissé les bras.
Pourtant, les explications du maire frisent la naïveté désarmante. “C’est tout à fait naturel que pendant la saison pluvieuse les herbes puissent pousser”, déclare-t-il avec le sérieux d’un botaniste découvrant la photosynthèse. Effectivement, monsieur le maire, les herbes poussent ! Et c’est justement pour cela qu’on nomme chez nous des responsables municipaux : pour anticiper, organiser, gérer. Mais visiblement, à Bambari, on découvre les saisons avec la même surprise qu’un touriste débarquant sous les tropiques.
Pourtant, devant cette révélation saisonnière, la riposte municipale se résume à l’opération “Kwa Ti Kodro” présidentielle. “Il est question que chaque samedi tous les citoyens puissent prendre leur temps, deux à trois heures, pour désherber”, explique Abel Matchipata. Génial ! Pendant que les taxes municipales se perdent dans les zigzags administratifs, on demande aux contribuables de faire le travail de la voirie bénévolement. Le cynisme a ses limites, mais apparemment pas à l’hôtel de ville de Bambari.
D’ailleurs, cette stratégie du “travail gratuit pour tous” a rapidement montré ses limites. “L’effectif a commencé par se réduire du fait que les gens pensaient qu’après les travaux, il devait y avoir quelque chose”, avoue le maire avec une candeur déconcertante. Quelle surprise ! Des citoyens qui peinent à survivre s’attendaient à être rémunérés pour nettoyer leur ville. Mais non, dans l’univers municipal de Matchipata, l’altruisme doit suffire à nourrir les familles et à motiver les troupes.
Mais le plus pathétique reste la litanie des “succès” municipaux. “Le samedi passé, un groupe a travaillé dans l’enceinte de l’hôpital et un autre au rond-point”, se félicite-t-il comme s’il venait de construire une autoroute. Un hôpital et un rond-point nettoyés par des bénévoles ! Voilà le bilan d’une administration municipale en 2025. À ce rythme, Bambari sera propre vers 2085, si les herbes acceptent de coopérer avec le maire.
Pourtant, face aux bâtiments administratifs envahis par la végétation, le maire découvre soudain les responsabilités de chacun. “Il y a des bâtiments occupés par des fonctionnaires, et leur devanture est envahie par de hautes herbes”, constate-t-il avec la perspicacité d’un détective privé. Alors là, monsieur Matchipata, il faut choisir : soit vous êtes maire et vous faites respecter la réglementation, soit vous êtes commentateur sportif et vous observez le match depuis les tribunes.
Finalement, l’exemple de l’LENI qui a embauché un personnel pour nettoyer régulièrement” le fait rêver. Embaucher du personnel pour l’entretien urbain ! Quelle innovation révolutionnaire ! On se demande pourquoi personne n’y avait pensé avant. Peut-être parce que cela s’appelle tout simplement… la gestion municipale de base.
L’aveu de faiblesse ultime arrive avec la justification finale : “Comme il y a un problème d’effectifs, on ne peut pas tout faire à la fois”, soupire le maire. Bien sûr ! Avec zéro budget alloué au nettoyage, zéro personnel municipal dédié et zéro stratégie cohérente, effectivement, les effectifs manquent. Mais ce n’est pas un problème d’effectifs, monsieur Matchipata, c’est un problème de compétence et de volonté politique.
Abel Matchipata reste pourtant “déterminé à poursuivre les efforts”. Quels efforts exactement ? Continuer à demander aux citoyens de travailler gratuitement ? Espérer que les herbes arrêtent de pousser ? Attendre que la magie opère ? À Bambari, la détermination du maire ressemble davantage à de l’entêtement dans l’incompétence qu’à une véritable volonté de changement. Pendant ce temps, les herbes continuent de pousser, indifférentes aux déclarations municipales et aux opérations présidentielles fantômes.
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