Armel Sayo, Issa Manou et les disparus : le BRDC dénonce un pays devenu un pays des morts
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Réunis en assemblée générale unitaire le 26 juillet au siège du Parti Patrie, les responsables des organes et les militants du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont dénoncé la vague d’enlèvements et de disparitions depuis quelques années en Centrafrique.
Maître Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE et coordinateur du BRDC, a accusé le régime de laisser s’installer une culture de violence et d’impunité, affirmant que « la Centrafrique est devenue un pays des morts ».
Dans son intervention, Mboli-Goumba a rappelé le cas de l’ancien ministre Armel Sayo, arrêté puis disparu sans explication depuis plusieurs semaines avant qu’on le ramène brièvement pour le présenter devant la justice, puis, une fois de plus, silence sur son sort. « Ce qui est arrivé à Armel Sayo peut arriver à chacun de nous ici », a-t-il averti, en citant également l’exemple d’Issa Manou, enlevé au siège du MCU et dont on est toujours sans nouvelles. Pour lui, ces affaires ne représentent qu’une partie visible d’un phénomène plus vaste : « Beaucoup de nos compatriotes ont été enlevés et ont disparu mystérieusement, sans que personne ne réclame justice pour eux ».
Il a également dénoncé la banalisation de la mort dans la société centrafricaine, expliquant que la population vit dans un état de résignation face aux violences répétées. « Les Centrafricains sont habitués aux morts, aux mauvaises nouvelles. On parle de la mort comme on parlerait du jeu», a-t-il déploré, en accusant les autorités de rester silencieuses face aux familles des victimes. Cette indifférence officielle, selon lui, encourage les responsables de ces disparitions à agir en toute impunité.
Mboli-Goumba a par ailleurs critiqué la justice sélective du régime, pointant la différence de traitement entre les citoyens centrafricains et certains chefs rebelles. « Armel Sayo, on ne sait pas où il est, mais Ali Daras, chef de l’UPC, bénéficie d’un tapis rouge », a-t-il déclaré, estimant que cette situation illustre une politique qui privilégie les intérêts des bourreaux au détriment des victimes.
Face à ce constat, le coordinateur du BRDC a appelé les militants à ne pas céder à la peur ni à l’oubli. « Si vous êtes venus aujourd’hui, c’est que vous avez le courage », a-t-il lancé, en insistant sur la nécessité de défendre la mémoire d’Issa Manou, du policier tué alors qu’il est encore en fonction à l’OCRB, et de tous ceux qui ont disparu. Pour lui, cette mobilisation est la seule manière d’empêcher que ces cas ne soient réduits à de simples statistiques, dans un pays qui, selon ses mots, « ne doit pas devenir un cimetière silencieux pour ses citoyens ».
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