Centrafrique : l’échec de l’émission d’Obligations du Trésor de 27,5 milliards FCFA met la trésorerie de l’État sous pression

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Le Trésor centrafricain n’a mobilisé que 12,7 milliards FCFA sur les 27,5 milliards recherchés lors de l’adjudication du 14 septembre. L’opération laisse un besoin de financement important à quelques mois de la fin de l’année.

 

Seulement 46,2 % des 27,5 milliards recherchés

 

La séance d’adjudication du 14 septembre 2026 donne une nouvelle mesure de la pression financière qui pèse sur Bangui.

 

Centrafrique : l’échec de l’émission d’Obligations du Trésor  de 27,5 milliards FCFA met la trésorerie de l’État sous pression

 

Le Trésor cherchait à mobiliser 27,5 milliards FCFA à travers trois lignes d’Obligations du Trésor Assimilables.

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Au terme de l’opération, seulement 12,7 milliards FCFA ont été levés, soit 46,2 % du montant recherché. Les résultats de l’opération ont été publiés le 21 septembre.

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L’une des trois lignes proposées n’a reçu aucune offre.

 

Le Trésor voulait lever 7,5 milliards FCFA sur cette ligne à trois ans, rémunérée à 6,50 %. Aucun des dix Spécialistes en valeurs du Trésor sollicités n’a présenté de proposition.

 

Le résultat est donc très inférieur aux besoins annoncés par le gouvernement. Sur les 27,5 milliards FCFA recherchés, 14,8 milliards n’ont pas été mobilisés.

 

Pour la trésorerie publique, cette différence représente une nouvelle contrainte alors que plusieurs dépenses et échéances doivent encore être financées avant la fin de l’année.

 

Une opération largement incomplète

 

Les résultats montrent que les souscriptions ont été très différentes selon les lignes proposées par Bangui.

 

Sur l’OTA à quatre ans, le Trésor recherchait 10 milliards FCFA. Quatre SVT ont présenté des offres pour 8,5 milliards FCFA, dont 8,2 milliards ont finalement été retenus.

 

Sur l’OTA à deux ans, seulement 4,5 milliards FCFA ont été mobilisés sur les 10 milliards recherchés.

 

La troisième ligne, d’un objectif de 7,5 milliards FCFA, n’a enregistré aucune soumission.

 

Au total, le Trésor a donc obtenu moins de la moitié des ressources qu’il espérait mobiliser.

 

Cette situation intervient alors que l’État centrafricain utilise régulièrement le marché régional pour compléter ses ressources budgétaires et assurer ses besoins de trésorerie.

 

L’opération du 14 septembre montre ainsi que les montants recherchés par Bangui ne correspondent pas toujours aux montants effectivement mobilisés sur le marché.

 

Les 12,7 milliards FCFA doivent déjà répondre à plusieurs contraintes

 

Les 12,7 milliards FCFA obtenus ne peuvent pas être considérés comme une enveloppe entièrement disponible pour les dépenses courantes de l’État.

 

Parallèlement à l’émission, le gouvernement a organisé une opération de rachat anticipé de titres arrivant à échéance dans les prochains mois.

 

Pour une obligation arrivant à échéance le 29 novembre 2026, Bangui souhaitait racheter 8,8 milliards FCFA. Les investisseurs n’ont proposé que 1,3 milliard FCFA, intégralement racheté.

 

Sur une autre ligne arrivant à échéance le 4 décembre, 1,2 milliard FCFA étaient recherchés et ont été entièrement rachetés.

 

Ces opérations montrent que le Trésor doit gérer simultanément ses besoins immédiats et plusieurs échéances financières rapprochées.

 

La pression ne porte donc pas uniquement sur les nouveaux financements. Elle concerne aussi la gestion des dettes déjà contractées.

 

Le véritable signal se trouve dans la ligne restée sans souscripteur

 

L’absence totale d’offre sur une des trois lignes constitue l’un des éléments les plus importants de l’adjudication.

 

Le Trésor proposait une rémunération de 6,50 % pour cette obligation à trois ans.

 

Aucun des dix SVT sollicités n’a soumis d’offre.

 

Cette situation intervient après plusieurs mois sans sollicitation documentée du marché primaire régional. La précédente opération identifiée remontait au 17 novembre 2025.

 

Le résultat du 14 septembre intervient donc dans un contexte où les besoins financiers de Bangui restent élevés.

 

Le gouvernement doit désormais composer avec une capacité de mobilisation inférieure à celle qu’il avait prévue.

 

Cette situation réduit mécaniquement les ressources disponibles pour les autres engagements de l’État.

 

Une trésorerie déjà confrontée à de lourdes obligations

 

Cette difficulté intervient alors que les finances publiques supportent déjà un important stock d’arriérés.

 

Les données évoquées ces derniers jours font état de plus de 172 milliards FCFA d’arriérés de paiement. Le CNC avait déjà consacré une analyse à cette accumulation des impayés et à ses conséquences sur la trésorerie publique.

 

La situation devient plus difficile lorsque plusieurs obligations financières se présentent simultanément.

 

Le Trésor doit assurer le fonctionnement courant de l’État, honorer ses engagements financiers et continuer à payer les agents publics.

 

Il doit également financer les dépenses qui ne peuvent pas être reportées.

 

Lorsque l’émission recherchée rapporte 12,7 milliards FCFA au lieu des 27,5 milliards prévus, l’écart atteint 14,8 milliards FCFA.

 

Cette somme doit nécessairement être absorbée par d’autres ressources, de nouvelles opérations financières ou des arbitrages budgétaires.

 

Une difficulté qui réduit la marge de manœuvre de Bangui

 

Le gouvernement voulait mobiliser 27,5 milliards FCFA.

 

Il en a obtenu 12,7 milliards.

 

Il manque donc 14,8 milliards FCFA par rapport à l’objectif initial.

 

Cette somme représente plus de la moitié du montant recherché.

 

Pour un Trésor qui doit déjà gérer des arriérés importants, des dépenses courantes et des échéances de dette, cette insuffisance réduit davantage la marge de manœuvre financière.

 

Les ressources disponibles doivent être réparties entre plusieurs priorités.

 

Chaque dépense supplémentaire pèse ainsi sur une trésorerie qui dispose de moins de ressources immédiatement mobilisables.

 

La dette devient un problème de trésorerie permanent

 

Le problème centrafricain dépasse donc cette seule adjudication.

 

Depuis plusieurs mois, les finances publiques sont prises entre des recettes intérieures limitées, des charges permanentes, des arriérés et des remboursements de dette.

 

Le recours au marché régional permet à l’État de rechercher des liquidités lorsque ses ressources propres ne suffisent pas.

 

Mais lorsque le marché ne fournit pas la totalité du montant demandé, la pression se déplace vers les autres ressources disponibles.

 

Une échéance arrive.

 

Le Trésor recherche des financements.

 

L’opération ne permet pas de réunir la totalité du montant prévu.

 

Le gouvernement doit alors rechercher d’autres ressources pour équilibrer sa trésorerie.

 

Cette mécanique entretient une dépendance croissante au financement par la dette.

 

Le gouvernement doit maintenant gérer l’écart

 

L’adjudication du 14 septembre laisse donc le gouvernement avec 12,7 milliards FCFA sur les 27,5 milliards recherchés.

 

L’écart de 14,8 milliards FCFA constitue une contrainte supplémentaire pour les finances publiques.

 

Cette situation ne permet pas, à elle seule, de déterminer le calendrier de paiement des salaires dans les prochains mois.

 

Elle montre en revanche que le Trésor dispose de moins de ressources que prévu pour faire face à ses engagements.

 

À cette difficulté s’ajoutent les arriérés de paiement, les échéances de dette et les dépenses courantes de l’État.

 

Le gouvernement de Félix Moloua doit désormais absorber cet écart dans une trésorerie déjà fortement sollicitée.

 

Pour Bangui, la question devient alors celle de la capacité à mobiliser de nouvelles ressources sans alourdir davantage la dette et sans accroître le stock d’arriérés.

 

L’opération du 14 septembre constitue ainsi un nouvel indicateur de la pression qui pèse sur les finances publiques centrafricaines à l’approche de la fin de l’année. Actions disponibles

 

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com