Scandale des faux bordereaux à l’université de Bangui : Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, prend la fuite après la découverte de la fraude

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Scandale des faux bordereaux à l’université de Bangui : Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, prend la fuite après la découverte de la fraude

Scandale des faux bordereaux à l’université de Bangui : Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, prend la fuite après la découverte de la fraude
L’étudiant voleur HAROL BERANGER TOUFEINA

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

Un vaste système de faux bordereaux bancaires éclate à la faculté des lettres de Bangui. Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Jean-Claude Azoumaye, disparaît après la découverte de ses malversations au service de scolarité.

 

Un système de fausses quittances mis en place au service de scolarité

 

Harol Beranger Toufeina étudie en anthropologie à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Bangui. Son cursus touche pourtant à sa fin depuis près d’un an. Son cousin, le doyen Jean-Claude Azoumaye, décide alors de le transférer au service de scolarité.

 

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Ce poste lui donne accès direct aux dossiers d’inscription des étudiants. Normalement, chaque étudiant frappé d’une pénalité de 15 000 francs CFA doit régler ce montant à la banque BGFI, présente sur le campus. La banque valide ensuite le paiement et remet un reçu officiel à l’étudiant. Ce reçu rejoint alors le dossier universitaire pour finaliser l’inscription.

 

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Toufeina contourne entièrement cette procédure. Il récupère lui-même l’argent des pénalités en espèces auprès des étudiants. Il fabrique ensuite de faux bordereaux de versement au nom de chaque étudiant concerné. Un faux cachet, présenté comme celui de la banque BGFI, orne ces documents falsifiés. Ces bordereaux truqués rejoignent ensuite les dossiers universitaires, comme s’il s’agissait de véritables reçus bancaires.

 

La découverte du pot aux roses par le chef de service

 

Le chef du service de scolarité tombe sur plusieurs de ces dossiers truqués en effectuant ses vérifications de routine. Il remarque une différence entre le cachet apposé sur certains bordereaux et celui habituellement utilisé par la faculté. Cette anomalie attire immédiatement son attention.

 

Il examine alors plusieurs bordereaux similaires. Le même cachet suspect apparaît sur un nombre important de dossiers. Le chef de service décide de pousser ses vérifications plus loin. Il se rend directement à l’agence BGFI installée sur le campus universitaire pour authentifier ces documents.

 

La vérification accablante auprès de la banque BGFI

 

Les agents de la banque BGFI examinent les bordereaux présentés par le chef de service. Leur verdict tombe sans ambiguïté. Le cachet apposé sur les documents ne correspond en rien au cachet officiel de leur établissement. Les agents confirment qu’il s’agit d’un cachet fabriqué, destiné à imiter frauduleusement le tampon de la banque.

 

Cette confirmation transforme un simple soupçon en preuve tangible de fraude organisée. Le nombre de dossiers concernés laisse entrevoir l’ampleur du système mis en place par Toufeina depuis sa nomination au service de scolarité.

 

La fuite précipitée de Harol Beranger Toufeina

 

Dès que la fraude éclate au grand jour, Harol Beranger Toufeina disparaît. Il quitte précipitamment Bangui pour une destination restée inconnue. Cette fuite intervient immédiatement après la vérification effectuée auprès de la BGFI.

 

Aucune sanction officielle n’a été prononcée contre lui à ce jour. Son statut d’étudiant, combiné à sa fonction informelle au service de scolarité, complique toute poursuite disciplinaire classique. Sa fuite laisse par ailleurs de nombreux dossiers d’étudiants dans une situation incertaine.

 

Un train de vie qui interroge

 

Toufeina n’occupe officiellement aucun poste rémunéré au sein de l’université. Son statut demeure celui d’un simple étudiant, sans salaire ni contrat. Son mode de vie contraste pourtant fortement avec cette situation.

 

Il possède cinq motos exploitées en taxi-moto, une activité commerciale qu’il supervise personnellement. Son domicile abrite un congélateur de 600 litres, un équipement rare pour un étudiant sans revenu déclaré. Un poste de télévision complète cet inventaire, qui interpelle son entourage depuis plusieurs mois.

 

Cette accumulation de biens coïncide avec sa prise de fonction au service de scolarité. Plusieurs témoins établissent un lien direct entre l’enrichissement de Toufeina et les malversations découvertes récemment.

 

Rappel des faits : un système de connivence ancien

 

Ce scandale ne surgit pas de nulle part. Corbeau News Centrafrique documente depuis l’année dernière une série d’agissements impliquant Toufeina et son cousin, le doyen Azoumaye.

 

Les clés de la discorde

 

Toufeina détenait déjà les clés des salles de classe et de l’administration de la faculté, bien avant son passage au service de scolarité. Cette responsabilité, habituellement confiée à l’appariteur officiel, revenait pourtant à lui seul. Un incident survenu en mai 2025 illustre cette confusion des rôles. Les clés remises à un autre étudiant, un certain Bourève, avaient disparu pendant plusieurs jours. Deux journées complètes de cours avaient été perdues, faute d’accès aux salles.

 

Le secrétariat par intérim et les disparitions d’argent

 

Pendant le congé du secrétaire permanent de la faculté, le doyen Azoumaye avait confié l’intérim à Toufeina plutôt qu’à un autre membre du personnel. Des disparitions d’argent avaient été signalées au retour du secrétaire permanent. Aucune suite n’avait été donnée à ces faits.

 

Le trafic des notes et les téléphones confisqués

 

Plusieurs témoignages recueillis par CNC évoquent la confiscation systématique des téléphones des étudiants pendant les examens. Toufeina collectait ces appareils avant de les remettre au chef du département d’anthropologie. Ce dernier réclamait ensuite de l’argent aux étudiants pour récupérer leur bien, entre 2 000 et 5 000 francs CFA selon le modèle du téléphone.

 

Toufeina intervenait également dans la fabrication de fausses revues de notes. Un étudiant nommé Johan aurait ainsi accédé à une classe supérieure sans avoir composé aucun examen, grâce à l’intervention directe de Toufeina auprès de l’équipe de saisie des résultats.

 

Le don détourné de la candidate Priska Mamadou

 

Un don de matériel de bureau offert à la faculté par Priska Mamadou, candidate aux élections législatives de décembre dernier, aurait également été revendu par Toufeina. Photocopieurs, rames de papier et fournitures diverses auraient disparu peu après leur livraison.

 

Le silence complice du doyen Azoumaye

 

L’affaire des faux bordereaux est remontée jusqu’au doyen Azoumaye. Aucune mesure n’a pourtant été prise contre son cousin. Cette inaction s’inscrit dans la continuité d’une gestion familiale de la faculté, dénoncée à plusieurs reprises par CNC depuis l’année dernière.

 

Le doyen avait déjà placé Toufeina à des postes de confiance sans lien avec son statut d’étudiant. Cette proximité familiale semble aujourd’hui protéger Toufeina, malgré l’ampleur des preuves rassemblées par le service de scolarité et confirmées par la banque BGFI.

 

Les étudiants victimes de ce système de faux bordereaux restent, pour leur part, dans une situation d’incertitude administrative totale. Leurs dossiers d’inscription reposent sur des documents désormais reconnus comme frauduleux…

 

Par Alain Nzilo

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