CENTRAFRIQUE : LA FORMATION ATTENDUE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT POURRAIT FRAGILISER L’ÉLAN D’UNE DYNAMIQUE ET AMORCER LE CYCLE DE DÉCLIN DE LA SEPTIÈME RÉPUBLIQUE.

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LA FORMATION ATTENDUE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT POURRAIT FRAGILISER L’ÉLAN D’UNE DYNAMIQUE ET AMORCER LE CYCLE DE DÉCLIN DE LA SEPTIÈME RÉPUBLIQUE.

 

CENTRAFRIQUE : LA FORMATION ATTENDUE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT POURRAIT FRAGILISER L'ÉLAN D'UNE DYNAMIQUE ET AMORCER LE CYCLE DE DÉCLIN DE LA SEPTIÈME RÉPUBLIQUE.
Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.

 

Rédigé le 18 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Après l’investiture du Président de la République suite à sa réélection à un score soviétique estimé à plus de 76% de suffrages valablement exprimés, le stade vingt mille places sous une pluie diluvienne du 30 mars dernier a servi de cadre cérémonial et festif du parti au pouvoir.

 

L’opinion publique nationale s’est enfin rendue à l’évidence que la formation du nouveau gouvernement et très probablement la désignation du vice-président de la République se feront après les résultats définitifs des élections législatives.

 

Cette épreuve de formation du gouvernement est un exercice aussi délicat, critique que polémique et intervient dans un contexte où le pouvoir de Bangui est pressé par les attentes, les aspirations du peuple nées des promesses de campagne, les récompenses voire les primes de reconnaissances ou du devoir accompli du camp présidentiel qu’on appelle traditionnellement et affectueusement “les mouillés-maillots” sans oublier les attentes des partenaires au développement.

 

Cette problématique de la formation du nouveau gouvernement a certes préoccupé les observateurs de la vie politique centrafricaine mais aussi a agité et inquiété bon nombre avec un risque d’embraserment et d’éclatement de la sphère présidentielle.

 

Il s’agit d’une étape charnière où le Président de la République est confronté à un test optionnel décisif de sa capacité de résilience c’est-à-dire de choisir soit de continuer avec les siens en conservant les acteurs politiques actuels et être accusé de favoritisme ou d’immobilisme, soit d’ouvrir largement le gouvernement à d’autres courants politiques au risque d’exposer son pouvoir aux fractures tout en neutralisant les foyers de tension ou de contestation ainsi que de la frustration de son propre camp.

 

Ce noble et prestigieux exercice qui relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du Président de la République apparaît de prime abord comme une phase de consolidation des institutions républicaines mais soulève aussi des inquiétudes voire des craintes d’effondrement du socle de l’État.

 

Il apparaît important de rappeler que pendant cette période d’attente ou de latence, des ondes électrostatiques se baladent dans la stratosphère et qui se matérialisent par des rivalités internes au sein du pouvoir, des guerres de clans, d’ethnie et de région, la guerre entre les fidèles historiques et les opportunistes, le sort réservé aux alliances de circonstances et des centaines de comités de soutien qui attendent leur récompense sans oublier les attentes pressantes de la population nées des promesses de campagne.

 

Au delà de tout ce qui précède, le chef de l’État sera non seulement l’otage des groupes paramilitaires de Wagners qui asphyxient la gouvernance politique, pillent les ressources naturelles et minières mais aussi prisonnier de luxe de son propre camp.

 

Au firmament de ce qui précède, l’épicentre de la problématique nous amène à esquisser des scénarios plausibles afin d’en créer un équilibre pour le bien-être de la population.

 

Le Président de la République peut tout d’abord opter pour la continuité c’est-à-dire jouer la carte de la prudence pour sécuriser le pouvoir en repoussant ou en retardant les tensions internes.

 

Ce qui conduira immédiatement à son isolement politique, diplomatique surtout envers les partenaires au développement y compris les institutions internationales financières.

 

Ensuite, le chef de l’État a la latitude ou la liberté de remanier partiellement le gouvernement avec l’entrée de nouvelles têtes afin de rechercher un équilibre en prévision de foyer de tension où les ministres sortants deviendront potentiellement et en filigrane des opposants insipides.

 

Enfin, le Président de la République peut opter pour une nouvelle équipe gouvernementale et possiblement avec une grande ouverture politique afin de marquer une rupture, de gagner la confiance jadis perdue de la population ainsi que d’ envoyer de signaux positifs à la communauté internationale.

 

Dans l’attente de ce nouveau gouvernement où le pays est volontairement placé en veilleuse, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Le risque de fractures et de déclin de la septième République est-il réel ou utopique ?

 

2- Quels sont les enjeux pour la stabilité, l’équilibre social et les perspectives d’avenir pour la septième République ?

 

3- Quels sont les impacts des différents choix sur la trajectoire géométrique de la septième République ?

 

4- En d’autres termes, entre le choix de la continuité politique et la rupture où le pouvoir de Bangui est confus voire indécis, quels sont les effets potentiels sur la consolidation de la septième République ?

 

En tout état de cause, la formation du nouveau gouvernement ne sera nullement une simple formalité administrative mais une étape décisive qui marquera le test de crédibilité de cette nouvelle République qui est menacée de delitement et de l’effondrement de l’État.

 

Il faut comprendre par ailleurs que ce n’est pas la formation du nouveau gouvernement qui pose problème pour un envol démocratique et économique mais c’est le mandat de trop volé au peuple au mépris des textes constitutionnels qui erode de façon graduelle l’unité et la cohésion nationale…facteur clé de notre développement.

 

Au delà de ce serment réduit à un formalisme protocolaire, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal est une voie infructueuse voire sans issue qui ne résout pas la crise mais au contraire n’est qu’une aggravation des causes du problème.

 

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré, terrorisé dans une République où les femmes sont impunément et copieusement insultées et que les diplômes de baccalauréat qui couronnent le cycle de l’enseignement secondaire autrefois prestigieux au point que les échoués se suicidaient de façon phénoménal sont désormais délivrés à titre exceptionnel c’est-à-dire par simple décision ou humeur du ministre de l’éducation nationale.

 

Bientôt ce sésame se délivrera sans étonnement à titre posthume…

 

Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que les dérapages, la corruption, le népotisme, la gabegie, le bradage des ressources naturelles, la sous-traitance de notre indépendance et le mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.

 

Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie exacerbée dans la poubelle non recyclable de l’histoire.

 

Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine familial et/ou dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dilatoires des mandats à vie.

 

Il faut savoir que nul n’est indispensable à ce pays qui regorge des compétences avec des visions multiples et variées à travers le monde et qui peuvent mieux servir ce pays que vous.

 

Alors n’attendez pas que la huée populaire, la clameur de la rue et la vocifération pour manifester l’hostilité ou la réprobation vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.

 

Alors, il apparaît judicieux de démissionner Monsieur le Président.

 

Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler puisque la répétition est pédagogique que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

 

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

Malheur

à ceux où celles qui s’étonnent du résultat produit alors qu’ils étaient conscients du danger.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

 

Limassa le 18 Avril 2026

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste,Environnementaliste.

 

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