Un acte crapuleux d’incivisme : la jeunesse de Saguila sème le chaos

Publié le 6 juillet 2024 , 5:05
Mis à jour le: 6 juillet 2024 7:57 am

Un acte crapuleux d’incivisme : la jeunesse de Saguila sème le chaos

 

un ensemble de planches de bois fraîchement coupées alignées sur le sol couvert de sciure rougeâtre. La personne qui les a probablement coupées est partiellement visible, portant des bottes et tenant une tronçonneuse,
planches coupées illégalement sur le territoire centrafricain par les camerounais. CopyrightCNC

 

Vendredi 5 juillet 2024, le pont sur l’axe Belou-Safa a été détruit par les jeunes du village Saguila, à 13 km de Mbaïki, dans la préfecture de la Lobaye. Cette destruction est le résultat d’une manifestation illégale contre la saisie de bois locaux par les agents des Eaux et Forêts et la gendarmerie de Mbaiki.

 

Bangui, 07 juillet 2024.

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.

 

Le chef de groupe du 4e arrondissement, Nazir Mazeo, exprime son désarroi face à cette situation désastreuse. Selon lui, la population de Saguila, malgré des campagnes de sensibilisation répétées, persiste dans la coupe illégale d’arbres, ignorant les interdictions strictes imposées par les autorités.

 

« Je déplore vivement la réaction de ces jeunes. Ils n’ont pas compris… Le sous-préfet et le procureur, le président du tribunal, étaient venus me voir. Ils ont rencontré toutes les autorités locales et ont clairement interdit les coupes d’arbres. Mais ces jeunes persistent. Ils insistent toujours à couper les arbres par-ci, par-là». explique Nazir Mazeo.

 

Les conséquences de ces actes de vandalisme sont graves. En détruisant le pont, non seulement ils entravent les activités quotidiennes, mais ils mettent en péril la sécurité de la région. Le préfet et les autres autorités locales sont maintenant dans l’impossibilité de se déplacer facilement pour accomplir leurs tâches administratives. « Pourquoi venir détruire le pont, ici ? », interroge Mazeo avec frustration. « Comment les autorités, le préfet, le président vont-ils réagir face à nous ? »

 

La colère des jeunes de Saguila trouve sa source dans la saisie de bois qu’ils avaient illégalement coupés. Les autorités, en réquisitionnant ces biens, ont agi dans le cadre de la loi, mais la réponse des jeunes a été violente et disproportionnée. En coupant l’accès au pont, ils ont non seulement compliqué le travail des agents des Eaux et Forêts et de la gendarmerie, mais aussi bloqué l’accès de la région à des services essentiels pour la population.

 

Cette situation révèle un grave problème d’incivisme et de mépris des lois par une partie de la population locale. Le manque de compréhension et de respect des régulations environnementales menace non seulement l’écosystème de la région, mais aussi la cohésion sociale et le fonctionnement des institutions publiques.

 

Le témoignage de Nazir Mazeo est clair : « Les jeunes n’ont pas compris. Ça, venir détruire le pont, ce n’est pas bon… Je déplore ça vivement». Cette destruction est une attaque directe contre l’autorité et le bien-être collectif. Elle illustre la nécessité urgente de renforcer les actions de sensibilisation et de faire respecter les lois pour préserver l’ordre et la sécurité dans la région.

 

Toutefois, cette situation ne peut être entièrement comprise sans tenir compte du contexte économique et social des jeunes de Saguila. Beaucoup d’entre eux sont confrontés à un chômage chronique et n’ont d’autre recours que la coupe de bois pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le bois coupé illégalement est souvent transformé en planches et vendu à Bangui pour générer des revenus indispensables.

 

De plus, il faut rappeler l’exploitation massive et illégale des ressources forestières par le groupe Wagner il y a quelques mois. Cette organisation a pratiqué une déforestation intensive, exportant illégalement du bois centrafricain vers la Chine, malgré les sanctions internationales. Le gouvernement centrafricain, paralysé par la peur et l’influence de Wagner, n’a rien fait pour arrêter cette hémorragie environnementale. Ce n’est que sous la pression de la communauté internationale, notamment avec l’implication des États-Unis et des sanctions subséquentes, que l’exploitation illégale a été contrainte de cesser.

 

Ironiquement, tandis que le gouvernement fermait les yeux sur les activités destructrices de Wagner, il impose maintenant des restrictions strictes aux jeunes locaux qui tentent de survivre en utilisant les mêmes ressources. Cette incohérence dans l’application de la loi est profondément ressentie par les habitants de Saguila, qui voient leur seul moyen de subsistance criminalisé alors que les véritables coupables d’une déforestation massive étaient tolérés.

 

Ainsi, le ressentiment des jeunes de Saguila s’explique aussi par cette injustice perçue. Le gouvernement doit non seulement renforcer la sensibilisation et l’application des lois environnementales, mais aussi proposer des alternatives économiques viables pour ces jeunes afin de prévenir de futurs actes de vandalisme et de maintenir la paix sociale.

 

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