Centrafrique : Une cinquantaine d’acteurs de santé à l’école du ‘’Financement basé sur la performance’’ à Boali

Publié le 1 novembre 2017 , 5:21
Mis à jour le: 1 novembre 2017 5:21

Centrafrique : Une cinquantaine d’acteurs de santé à l’école du ‘’Financement basé sur la performance’’ à Boali

 

 

Iimage de l’atelier PBF Boali. Credit photo : Fred Krock, copyrightCNC.

 

Bangui, le 2 novembre 2017.

Par : Fred Krock, CNC.

 

Du 30 octobre au 11 novembre 2017, un atelier de formation a réuni une cinquantaine de médecins et autres acteurs d secteur de la santé à Boali, sur les mécanismes du Financement basé sur la performance (PBF), ceci, dans le cadre de la mise en œuvre au Projet d’appui au système de santé (PASS), financé par la Banque mondiale à hauteur de 21 millions de dollars. Lundi 30 octobre dernier, M. Marius Dandy, Directeur de cabinet au Ministère de la santé publique a personnellement ouvert les travaux, en présence de Adolphe Kossi-Mazouka, Coordonnateur technique national de PBF, Robert Soeters Consultant  de la Banque mondiale, Dr Cédric Ndizeye, Expert Santé publique du projet PBF de la Banque mondiale.

Ils sont une cinquantaine, venus de tous les quatre coins de la République centrafricaine, médecins, Administrateurs de santé, Responsables d’Ongs, Membres de la société civile, pour prendre part à cet atelier de dix jours. Il s’agit de la 66ème édition du Cours international sur le Financement basé sur la performance dans le monde et la 2ème du genre en République centrafricaine. En termes simple, il est question de l’« économie de la santé » comme l’a si bien souligné M. Robert Soeters, Consultant de la Banque mondiale.

Alors beaucoup sont ceux qui s’interrogent, pourquoi une économie de la santé ? La réponse se justifie par ces mots du Consultant de la Banque mondiale qui note : « On a constaté que dans de nombreux pays, les besoins de la population ne sont pas satisfaits parce que les services de santé restent inaccessibles et de mauvaise qualité ». Et, le Financement basé sur la performance s’est finalement trouvé être l’alternative adaptée qui s’inscrit bien évidemment et harmonieusement dans la suite logique des grandes initiatives mondiales de la santé, à savoir les « Soins de santé primaire » de Alma Ata de 1978 et l’ « Initiative de Bamako » de 1987. En d’autres termes, une bonne gestion des ressources allouées à la santé participe de l’amélioration de la qualité des soins dispensés dans les formations sanitaires, d’où toute l’importance de ce cours international sur le financement basé sur la performance.

Cette session de formation, la deuxième du genre en République centrafricaine, vise à renforcer les capacités des Cadres du Ministère de la santé à différents niveaux de la pyramide sanitaire au plan national, mais plus particulièrement pour les Cadres au niveau Central. Elle permet également de former les Cadres nouvellement intégrés qui sont en activité dans les zones du Projet PASS.

En République centrafricaine, le Projet PASS reste le cadre de référence de la mise en œuvre du PBF. Ce projet, financé à hauteur de 21 millions de dollars par la Banque mondiale, est mis en œuvre dans cinq Régions sanitaires, notamment les Régions n°2, n°3, n°4, n°5 et n°6, afin de bénéficier à environ 1.850.000 personnes, soit 30% de la population centrafricaine. Son objectif est d’accroitre l’utilisation et d’améliorer la qualité de services de santé en milieu rural avec un accent particulier sur la santé maternelle  et infantile, ainsi que le renforcement du Système national d’information sanitaire.

Quant à la formation qui se déroule actuellement à Boali, du 30 octobre au 11 novembre 2017, elle vise globalement à contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population en renforçant des connaissances des acteurs sur le PBF, afin d’offrir des services accessibles et équitables et de bonne qualité. De façon spécifique, il est question de : (1) comprendre  ce que les marchés de santé font bien, mais aussi leurs défaillances, et comment les corriger en appliquant des instruments sur la loi du marché ; (2) atteindre une masse critique d’acteurs qui adhèrent au PBF ; (3) maîtriser les théories PBF, les meilleures pratiques et les outils pertinents pour sa mise e œuvre et ; (4) enfin, développer les aptitudes  et les attitudes pour pouvoir créer le changement dans les structures.

A l’ouverture, le Directeur de cabinet du Ministère de la santé publique, M. Maris Dandy, tout en remerciant les partenaires de la Banque mondiale et les Cadres du PASS pour leur appui, a fait savoir que la problématique de l’amélioration des services de santé reste une préoccupation première pour le gouvernement, surtout que tout développement d’un pays passe inéluctablement par de ressources humaines aptes et en bonne santé. Le Dircab a commencé par citer le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji qui, dans  le programme général du Gouvernement, engageait déjà le Ministre de la Santé à « procéder à l’extension aux seize préfectures de la stratégie de Financement basé sur la performance (PBF) qui complète harmonieusement celle de ‘’Soins de santé primaire’’ avec recouvrement des coûts. Car, elles favorisent le développement plus rapide des formations sanitaires aussi bien centrales que périphériques ».

Selon M. Marius Dandy, le deuxième Cours international sur le PBF qui se déroule encore à Boali, « marque la volonté du gouvernement  à appliquer le PBF pour relancer et renforcer le système de santé qui a été détruit pendant les événements malheureux qui ont affecté notre pays. Cette approche nous permet non seulement d’améliorer les mécanismes d’allocation de ressources  qui sont toujours rares, mais aussi et surtout de faire des réformes nécessaires pour le développement du secteur de santé ».

Du côté des participants, les attentes vis-à-vis de cette formation sont claires. Patrice Robembé, Spécialiste de communication pour le développement à la Direction de la santé communautaire. Pour lui, « traditionnellement, les structures de santé, avec les événements que le pays a connus, ont connu une désorganisation, ce qui fait qu’il n’y a pas, de la part de la population, un accès aux soins de qualité. Alors que la nouvelle approche qui est le PBF vient renforcer les structures de santé en mettant les moyens pour ceux qui vont beaucoup travailler, c’est-à-dire que ceux qui travaillent plus auront plus de financements. Donc, il parait important pour nous acteurs du secteur de la santé, d’être bien formés et de nous familiariser avec cette nouvelle approche. Je suis persuadé que ces dix jours nous seront très bénéfiques ».

Les précieux acquis de PBF en RCA

En moins d’un an d’application de l’approche PBF dans le secteur de la santé, le résultat est sans doute encourageant. A en croire le Dircab du Ministère de la Santé, à travers le projet PASS, cette approche a permis d’octroyer des subventions d’environ 160 millions de Francs Cfa pour le fonctionnement et la mise en œuvre des activités des structures de régulation à tous les niveaux du système de santé en utilisant les critères de performance. Des Cadres ont été formés. Environ 1.203.000.000 Francs Cfa ont été payés aux Centres et Postes de santé comme bonus d’amélioration de qualité sur une période de d’exercice de sept mois.

« Cette subvention a permis à nos formations sanitaires et hôpitaux la remise en état de fonctionnalité acceptable avec le recrutement du personnel qualifié de plus d’une centaine dans toute la zone du projet ; la dotation en équipements et matériels biomédicaux selon les besoins de chaque structure, à travers le plan de business ; la réhabilitation des infrastructures ; l’approvisionnement en médicaments permettant les soins de qualité », a précisé M. Dandy.

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