Regardez! L’année 2026 commence déjà avec les Cris du cœur des détenus centrafricains pris en étau dans les prisons camerounaises

Rédigé le 07 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis près de trois mois, des jeunes centrafricains croupissent derrière les barreaux de la prison de Ngoma, à Douala depuis les troubles post-électoraux du 28 octobre dernier. Pris dans les filets des rafles policières à Douala, ils appellent désespérément à l’aide sans qu’aucun responsable consulaire ne daigne répondre à leur détresse.
Tout a commencé ce fameux 28 octobre quand les résultats électoraux ont été proclamés au Cameroun. La colère a envahi les rues de Douala où les jeunes ont exprimé leur mécontentement face aux chiffres annoncés.
Les forces de l’ordre ont réagi comme à leur habitude. La répression a été violente et les policiers en ont profité pour organiser des rafles massives dans toute la ville. Quiconque se trouvait sans papiers en règle était immédiatement embarqué.
Parmi les personnes interpellées figuraient de nombreux Centrafricains. Ces hommes vivaient et travaillaient à Douala, gagnant leur pain quotidien comme ils pouvaient. Ils ont été conduits directement à la prison centrale de Ngoma où ils croupissent depuis maintenant près de deux mois.
Leur calvaire ne fait que commencer une fois les portes de la prison refermées. Ils vivent un calvaire inimaginable! D’ailleurs, le repas distribué aux détenus consiste en un simple pot de riz, et ce, servi une seule fois toutes les dix-huit heures. Cette portion dérisoire ne suffit pas à nourrir un homme adulte pendant une journée entière.
Pour ces pauvres Centrafricains, la situation devient encore plus pénible. Chez eux en RCA, le riz sert généralement à nourrir les poulets et n’est qu’un accompagnement léger pour le petit matin. Leur alimentation habituelle repose sur des mets consistants comme les boules de manioc ou la semoule qui calent véritablement l’estomac.
Ce régime carcéral camerounais les affaiblit jour après jour. Leurs ventres crient famine tandis que leurs corps perdent progressivement leurs forces. Certains parlent même d’une condamnation à mort lente par la privation alimentaire.
Mais ce qui révolte le plus dans cette affaire reste l’abandon total de leur propre représentation diplomatique. Depuis leur incarcération le 28 octobre, aucun responsable de l’ambassade centrafricaine ni de consulat n’a pris la peine de se déplacer jusqu’à Ngoma. Le consul de Centrafrique au Cameroun brille par son absence alors que ses compatriotes dépérissent dans l’indifférence générale.
Les détenus ont pourtant tenté de faire parvenir des messages à l’extérieur. Ils ont supplié qu’on alerte leur consul de leur situation désespérée. Les nouvelles ont fini par atteindre les oreilles du représentant consulaire mais sa réponse a achevé de les désespérer.
Le consul a en effet posé ses conditions avant toute intervention. Il réclame de l’argent pour se déplacer et s’occuper du dossier de ces prisonniers. Cette exigence laisse les détenus dans une impasse totale car ils n’ont aucun moyen de réunir une telle somme.
Ces jeunes centrafricains, tel qu’on les connait, exercent des métiers de fortune dans le port de Douala. Ils sont dockers, manutentionnaires, chargeurs de camions. Leur journée consiste à transporter des sacs de ciment, à charger et décharger des marchandises sous le soleil brûlant. Quand le travail se présente, ils gagnent entre trois milles francs et cinq milles francs pour leurs efforts.
Avec des revenus aussi maigres, impossible d’économiser quoi que ce soit. Chaque franc gagné sert immédiatement à acheter de quoi manger ou payer un toit pour la nuit. Comment pourraient-ils dans ces conditions rassembler l’argent demandé par leur consul alors qu’ils sont enfermés et privés de tout travail.
L’absurdité de la situation atteint son comble quand on réalise que cette assistance consulaire devrait leur être accordée gratuitement. C’est le rôle même d’un consul que de veiller au bien-être de ses compatriotes en difficulté à l’étranger. Exiger un paiement pour accomplir cette mission défie toute logique et toute humanité.
Pendant ce temps, les jours s’écoulent à Ngoma dans une monotonie écrasante. Les Centrafricains partagent leurs cellules surpeuplées avec d’autres détenus. Ils regardent le soleil se lever et se coucher en attendant qu’une main secourable se tende vers eux.
Leurs familles restées en Centrafrique ignorent parfois où ils se trouvent exactement. Les communications depuis la prison sont quasi impossibles et personne ne leur a permis de donner des nouvelles aux leurs. Cette coupure avec le monde extérieur ajoute une torture psychologique à leurs souffrances physiques.
Les autorités camerounaises de leur côté ne semblent guère préoccupées par le sort de ces étrangers. Arrêtés faute de papiers en règle lors d’une opération de maintien de l’ordre, ces hommes attendent qu’on statue sur leur cas. Mais sans l’intervention de leur consulat, leurs dossiers restent au point mort dans les tiroirs de l’administration pénitentiaire.
Chaque matin, quand le gardien apporte le pot de riz quotidien, les prisonniers centrafricains se demandent combien de temps encore ils devront endurer cette épreuve. Leurs corps s’affaiblissent, leur moral s’effondre, mais personne ne vient à leur secours. Le consul reste confortablement installé dans son bureau tandis que ses frères de sang se consument lentement dans les geôles camerounaises
Par Brahim Sallé
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