Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA

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Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/sur-le-chantiers-miniers-chinois-de-gobolo-dans-la-nana-mambere-apres-le-passage-des-inspecteurs-du-ministere-des-mines-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA
Sur le chantiers miniers chinois de Gobolo, dans la Nana-Mambéré après le passage des inspecteurs du ministère des mines . Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Une mission de routine des inspecteurs du ministère des mines sur le chantier minier de Gobolo bascule dans un scénario digne de la mafia colombienne. Dans cette sous-préfecture de Aba, ces agents de l’État ont failli se faire tirer dessus par des militaires censés protéger l’État. Leur crime ? Vouloir ouvrir le coffre-fort d’or des Chinois et compter les travailleurs illégaux du site.

 

Tout à commencé comme une surprise générale. Treize heures pile, ce samedi 24 janvier 2026. Deux pick-up BJ-75 soulèvent des nuages de poussière sur la piste menant au camp minier de Goubolo, dans la sous-préfecture d’Aba, Nana-Mambéré. Personne ne les attend. À bord, des agents du ministère des Mines venus contrôler les activités d’extraction aurifère menées par les Chinois.

 

Arrivée à Gobolo, les véhicules des inspecteurs s’arrêtent devant la base minière chinoise. Le sergent chef, responsable de la sécurité du camp, sort à leur rencontre. Les salutations sont brèves, les présentations rapides. L’homme connaît déjà la raison de cette visite surprise.

 

Il les conduit directement vers le bâtiment principal où se trouve le patron chinois. La tension monte déjà dans la base. Les inspecteurs entrent dans le bureau  du patron chinois.

Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA
Les camions à l’arrêt sur le chantier minier chinois de Gobolo, dans la sous-préfecure de Aba, au nord-ouest de la Centrafrique. Photo CNC

 

Les agents du ministère se présentent très rapidement, exhibent leurs ordres de mission. Ils viennent vérifier la conformité des opérations minières. Contrôle de routine. Le patron chinois les écoute à peine. Dans sa tête, une seule autorité compte en Centrafrique : le président Touadéra. Personne d’autre n’a le droit de venir l’ennuyer.

 

Il se lève brusquement et commence à crier. Sa voix monte, agressive, cassante. Qui leur a donné l’autorisation de venir ici ? Pourquoi personne ne l’a prévenu ? Il tape du poing sur la table. Les inspecteurs restent calmes, imperturbables. Ils ont l’habitude de ces démonstrations.

 

Après plusieurs minutes de protestations, le Chinois comprend que ces hommes ne repartiront pas sans avoir fait leur travail. Il change de tactique, accepte maintenant de leur montrer la carrière d’extraction.

 

Le groupe se met en marche immédiatement vers la zone d’exploitation. Le patron chinois ouvre la voie, suivi des inspecteurs. En marchant, le chinois lance quelques phrases rapides en mandarin à ses compatriotes restés en arrière. Les mots sont brefs, codés, mais le message passe. Cachez les Camerounais et autres choses importantes. Vite. Maintenant.

 

Dès que le groupe s’éloigne, les Chinois demeurés sur la base s’activent et se précipitent vers le commandant Lamtagué. Cet officier FACA est le directeur du service de sécurité de l’IMC, industrie minière de Centrafrique. Les chinois lui disent quelques choses rapides, et il comprend immédiatement ce qu’on attend de lui.

 

Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA
Le commandant Lamtagué

En quelques minutes, l’opération de camouflage se met en place. Le commandant Lamtagué  rassemble une quarantaine d’ouvriers camerounais qui travaillent clandestinement sur le chantier. Il leur ordonne de le suivre rapidement. Suivez-moi. Il les conduit vers la forêt qui borde le camp, leur montre des zones où se cacher.

 

Pendant que le patron chinois fait visiter la carrière aux inspecteurs, montrant les engins, expliquant les techniques d’extraction, ses compatriotes effacent toute trace de présence camerounaise. Les hommes disparaissent entre les arbres. Le camp change de visage en moins de 5 minutes.

 

Quand les inspecteurs reviennent de la zone d’exploitation, ils décident de passer aux vérifications concrètes. Ils veulent fouiller les bâtiments, voir les dortoirs, contrôler les papiers. Le patron chinois ne peut refuser sans éveiller davantage les soupçons. Il accepte du bout des lèvres.

 

Les agents procèdent méthodiquement, porte après porte. Dans les baraquements, ils découvrent 16 Chinois. Présentez vos documents. Mais la surprise est de taille. Seulement deux parmi ces 16 chinois qui ont produit leur papier en règle. Les 14 autres prétendent avoir laissé leurs papiers à Bangui.

 

Le mensonge est tellement grossier qu’il en devient insultant. Tout le monde sait que la plupart de ces chinois viennent du Cameroun voisin, franchissent la frontière sans autorisation, travaillent sans permis. Mais les inspecteurs n’insistent pas pour l’instant. Ils prennent des notes.

 

La fouille continue pour retrouver les autres travailleurs sans papiers. Mais les camerounais sans papier sont tous partis, personne se trouvent dans la base, laissant un seul qui a été surpris.

 

Mais les inspecteurs sont loin de terminer leur travail. Ils interrogent maintenant le patron sur la production. Combien de grammes d’or récupérez-vous par jour ? La réponse tombe, précise, préparée d’avance. Quatre-vingt-dix-huit grammes quotidiens. Un chiffre dérisoire pour un site de cette envergure. Les inspecteurs se regardent. Personne n’y croit.

 

Montrez-nous la quantité produite. Le Chinois reste silencieux. Il refuse de répondre. Les agents insistent. Où stockez-vous l’or extrait ? Ils commencent à fouiller les bureaux, ouvrent des tiroirs, inspectent les armoires métalliques. Au fond d’une pièce, ils tombent sur un coffre-fort massif.

 

Voilà donc où se cache la vérité. Ouvrez ce coffre immédiatement. Nous devons filmer son contenu. Le patron chinois refuse, et maintient sa position.

 

La tension grimpe d’un cran. Les chinois comprennent que ça commence à devenir dur. Ils font appel discrètement au commandant Lamtagué pour intervenir et menacer les inspecteurs.

 

Voilà que le commandant Lamtagué  décide d’intervenir, mais d’une stratégie digne des parrains mafieux. Mais comme il a reçu ses instructions depuis longtemps, il connait la stratégie. Son rôle est simple : créer le chaos, perturber l’inspection, empêcher l’ouverture du coffre à tout prix. Maintenant, le commandant Lamtagué fait un signe discret à ses hommes. Les soldats FACA savent ce qu’ils ont à faire.

 

Plusieurs soldats armés surgissent soudainement, fusils à la main. Ils encerclent les inspecteurs, pointent leurs armes vers eux.

 

La bousculade commence. Les soldats crient, font mine de charger leurs armes. Le bruit du sélecteur résonne. Tout est fait pour terroriser, désorienter, briser la détermination des inspecteurs. L’un d’eux sort son téléphone, compose le numéro du ministère à Bangui. La communication passe rapidement.

 

À l’autre bout de la ligne, l’alerte est donnée. Le ministère des mines contacte immédiatement l’état-major des forces armées. Que se passe-t-il à Gobolo? Pourquoi des soldats menacent-ils des agents de l’État en mission officielle ? Les téléphones s’agitent entre Bangui et Gobolo. Des ordres contradictoires fusent.

 

Progressivement, la situation se désamorce. Les soldats abaissent leurs armes, reculent de quelques pas. Le commandant Lamtagué  a atteint son objectif. Les inspecteurs sont secoués, leur concentration brisée. Ils ne parlent plus du coffre-fort. L’histoire du contenu est passée au second plan. La diversion a fonctionné à merveille.

 

Pendant ce temps d’agitation, d’autres choses ont été cachées, déplacées, effacées.

 

Après des heures de confrontation, les agents du ministère comprennent qu’ils ne pourront pas aller plus loin aujourd’hui. Le commandant Lamtagué  et ses soldats ont réussi leur mission. Le travail des inspecteurs est paralysé, leur détermination ébranlée. L’objectif des militaires complices est atteint.

 

Mais les inspecteurs ne repartent pas les mains vides. Ils ont vu assez pour prendre une décision ferme. Au niveau de la carrière d’exploitation, ils bloquent immédiatement toute activité. Le permis d’exploitation est suspendu avec effet immédiat. Plus aucune machine ne doit fonctionner jusqu’à régularisation complète de la situation.

 

Le soir tombe sur Gobolo. Les inspecteurs passent la nuit sur place, dans des conditions difficiles. Ils ne font confiance à personne. Le lendemain, dimanche, ils quittent Gobolo pour Rondji, un autre site minier situé à 18 kilomètres d’Aba. Là aussi, l’IMC exploite de l’or avec des méthodes douteuses.

 

Mais pendant la nuit, les téléphones fonctionnent. Les Chinois de Gobolo appellent leurs compatriotes de Rondji. Les inspecteurs arrivent demain. Préparez-vous. Cachez tout ce qui doit l’être. Le même scénario va pouvoir se rejouer. Le réseau se mobilise, se protège, se camoufle.

 

À Rondji, comme à Yaloké, comme à Gomon, partout où l’or attire les aventuriers sans scrupules chinois, la mafia fonctionne à plein régime. Et ceux qui protègent cette mafia portent l’uniforme de l’armée centrafricaine. Pour quelques dizaines de milliers de francs CFA glissés dans la poche, ils vendent leur pays, trahissent leur mission.

 

Quand les Chinois donnent un ordre, les soldats FACA exécutent sans poser de questions. Peu importe que ce soit légal ou non. Peu importe que des agents de l’État soient menacés. L’argent parle plus fort que le devoir. Cette réalité empoisonne l’exploitation minière en Centrafrique depuis des années.

 

Le commandant Lamtagué  n’est qu’un pion dans ce système. Au-dessus de lui, d’autres tirent les ficelles. Des officiers supérieurs qui touchent des enveloppes plus grosses. Des responsables politiques qui ferment les yeux contre des avantages juteux. Un réseau entier qui prospère sur le dos du pays.

 

Mais ce qui est sur, à Gobolo, tout s’est arrêté sur le chantier minier chinois. Les machines sont silencieuses, les pelleteuses immobiles. Les inspecteurs ont retiré provisoirement le permis d’exploitation aux Chinois et bloqué toutes les activités.

 

D’ailleurs, sans les travailleurs camerounais cachés dans la forêt, le site ne peut de toute façon plus fonctionner.

 

Soixante-quinze pourcent de la main-d’œuvre qui sont des camerounais clandestins a disparu dans la nature. Le camp ressemble à une ville fantôme. Le ministère des Mines a remporté une victoire, mais le travail reste colossal face au nombre de sites clandestins  de l’IMC qui parsèment le pays

 

Au ministère des mines, CNC vous tire le chapeau d’or, Félicitation, mais il y’a des erreurs à corriger prochainement.

 

Par Arsène Lawa

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