Face à l’effondrement total du pays, les sorciers de la République font la fête. Touadera et son clan dansent et continuent de danser sur les tombeaux des centrafricains

Rédigé le 17 décembre 2025 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Alors que le pouvoir de Baba Kongoboro franchit un cap, celui de l’indifférence et de la sauvagerie, et pendant que la communication officielle vante des succès, le développement du pays, la montée en puissance des FACA, la population, quant à elle, continue de lutter au quotidien dans un pays où les services publics ont quasiment disparu.
Le transport est un exemple le plus visible de cet effondrement. Dans les rues de Bangui comme sur les axes provinciaux, la circulation ne tient plus qu’à un fil : celui des taxis-motos. Ces engines bruyantes et précaires sont devenus le système sanguin d’une nation paralysée. Où sont passés les car Air Bangui, Génération, ou tout simplement les cars qui relient la capitale aux villes de provinces ? Où est le réseau municipal, promis, jamais rétabli ? La réponse est dans le quotidien de millions de Centrafricains : des années sans transports publics, une débrouille qui use, et l’impression tenace que l’État s’est tout simplement évaporé.
Cet effondrement des transports n’est qu’un chapitre d’une histoire plus sombre, celle de la santé en lambeaux. Pénétrer dans un centre de santé, c’est souvent entrer dans le couloir de la mort. Pas de matériel, ou si peu. Une poignée de soignants dévoués mais submergés, faisant face sans moyens. Ici, le patient n’est plus un malade, mais un acheteur : il doit lui-même se procurer seringues, gants, médicaments, avant même d’être pris en charge. Les cas graves ? Ils sont « évacués » vers d’autres structures, elles-mêmes dans le noir, souvent sans électricité ni ambulance pour les transporter. C’est un système qui a cessé de soigner ; il survit.
L’éducation, ce pilier de l’avenir, subit le même naufrage. Dans les villes de province, l’école n’est souvent qu’une ombre d’elle-même. Près de 80 % des enseignants sont des « maîtres-parents », des bénévoles sans formation, recrutés dans l’urgence pour éviter que les enfants ne grandissent dans la rue. Les salles de classe sont surpeuplées, vides de tout matériel. On y étudie sans tables, parfois sans cahiers. Le programme officiel ? Une lointaine théorie, inaccessible. C’est toute une génération qui apprend dans la précarité, son avenir hypothéqué par le désintérêt collectif.
Même la sécurité, pourtant priorité affichée du pouvoir, reste un mirage. Si les grands affrontements ont diminué, l’insécurité sourde, elle, persiste. Des groupes armés et les mercenaires russes du groupe Wagner, parfois des hommes en uniforme continuent de semer la peur. Dans de nombreuses localités, les récits se ressemblent : agressions en plein jour, extorsions, passages à tabac. La population, prise en étau, ne sait plus vers qui se tourner. Ceux qui sont censés la protéger sont parfois ceux qui l’oppressent, brisant le dernier lien de confiance avec l’autorité.
Face à ce tableau, quelle perspective l’État offre-t-il à sa jeunesse ? Aucune, ou presque. En dehors de l’enrôlement dans l’armée, une porte de sortie souvent synonyme d’exil en province , il n’existe aucun projet crédible. L’économie est à l’arrêt. Aucune politique ne soutient la création d’entreprises, l’entrepreneuriat ou la formation professionnelle. Les diplômés errent, désœuvrés, leur formation devenue inutile. Pour la majorité des jeunes, l’horizon est un mur, ou bien devenir un conducteur des taxis motos.
C’est dans ce contexte que les vidéos du Président Touadera et de ses ministres dansant, buvant, prennent une dimension particulière. Elles ne sont pas anodines. Elles racontent l’histoire d’un pouvoir qui, visiblement, a franchi un cap : celui de la séparation définitive d’avec le peuple qu’il est censé servir. Tandis que le pays se débat dans les difficultés les plus concrètes, la communication officielle met en scène une normalité festive qui n’existe pas. Ce décalage n’est pas qu’une question d’image ; il est le symptôme le plus grave d’une fracture qui, jour après jour, se creuse un peu plus entre un État qui célèbre son propre pouvoir et un peuple qui lutte pour sa simple survie.
Par Brahim….
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