
Samedi dernier, sur l’axe Sikikédé-Ndah, dans le nord-est de la République centrafricaine, des mercenaires russes de Wagner ont multiplié les agressions contre les passants. Des civils ont été frappés et dépouillés de leurs téléphones, de leur argent et de leurs pépites d’or lors d’une opération de contrôle menée à une quinzaine de kilomètres de Sikikédé, localité communément appelée Ndah.
Selon l’investigation menée par la rédaction du CNC, les mercenaires ont installé une barrière sur la route en direction de la frontière tchadienne. Ils ont arrêté de nombreux motocyclistes, commerçants et voyageurs qui empruntaient cet axe. Des centaines de motos ont été concernées par ces contrôles, tandis que les passants ont subi des vols et des violences physiques.

Des civils frappés et dépouillés sur la route de la frontière
Les mercenaires russes ont confisqué des téléphones portables, de l’argent et des pépites d’or appartenant aux personnes arrêtées. Plusieurs passants ont également été violemment frappés. Les hommes de Wagner les accusent de transmettre aux groupes rebelles des informations sur les positions de leurs unités.
Cette accusation a servi de motif aux agressions commises contre les usagers de la route. Les personnes contrôlées ont été dépouillées de leurs biens, sans que leur implication dans les activités des groupes armés soit établie.
L’ampleur des pillages a été particulièrement importante en raison de la forte circulation sur cet axe. Chaque samedi, des mineurs artisanaux, des commerçants venus du Tchad, des transporteurs à moto et des voyageurs se déplacent entre Sikikédé, les zones d’exploitation aurifère et la frontière tchadienne.
Les mercenaires ont profité de cette fréquentation pour multiplier les contrôles et les confiscations. Pour les personnes qui empruntent régulièrement cette route, les déplacements commerciaux et les activités liées à l’or se sont transformés en occasions de perdre leurs marchandises, leur argent ou leurs moyens de transport.
Un regroupement massif de mercenaires russes avant les violences
Les événements de samedi sont intervenus après plusieurs jours de mouvements inhabituels de combattants russes dans le nord-est centrafricain. Dès jeudi et vendredi de la semaine précédente, des mercenaires basés à Kaga-Bandoro ont été transportés vers Ndélé, avant de poursuivre leur progression en direction de Sikikédé.
D’autres hommes sont arrivés depuis Ndélé. Des renforts en provenance de Bangui ont également été signalés. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, près d’une centaine de mercenaires étaient évoqués dans les discussions locales, sans qu’un décompte indépendant permette de confirmer cet effectif.
Dans plusieurs localités, les habitants pensaient que ces mouvements préparaient une opération contre des positions de rebelles centrafricains installés près de la frontière tchadienne. Les objectifs précis de tous ces déploiements n’ont pas été établis.
Sur l’axe Sikikédé-Ndah, les populations civiles ont directement subi les conséquences de cette présence armée. Les contrôles se sont accompagnés de coups, de vols et de confiscations de biens, dans une zone où les échanges commerciaux et les déplacements liés à l’exploitation aurifère sont fréquents.
D’autres mercenaires russes se dirigent vers Sarabou avec des rebelles tchadiens
Parallèlement aux mouvements observés autour de Sikikédé, un autre groupe de mercenaires russes a progressé vers la frontière tchadienne. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, ces hommes, partis de la zone de Birao, se sont dirigés vers Mdafock avant de s’arrêter en cours de route.
Ils ont ensuite pris contact avec des combattants rebelles tchadiens, qui les ont rejoints. Au cours de cette rencontre, les mercenaires russes leur ont remis des armes.
Dimanche matin, le groupe a repris sa progression vers Sarabou, en passant par le village de Mimi, situé à environ 11 kilomètres de sa destination. Les hommes de Wagner sont finalement arrivés à Sarabou, une localité située à environ un à deux kilomètres de la frontière entre la République centrafricaine et le Tchad.
À leur arrivée, le village était pratiquement désert. Les mercenaires n’y ont trouvé aucun mouvement significatif de population et y sont restés un certain temps.
Les voyageurs et commerçants empruntant l’axe menant à la frontière tchadienne ont perdu leurs biens et leurs pépites d’or lors de contrôles routiers musclés.
Renforcement des militaires tchadiens et repli vers Mimi
Selon les informations recueillies par le CNC, les militaires tchadiens déployés à la frontière ont renforcé leur présence dans le secteur. Les mercenaires russes ont ensuite quitté Sarabou pour revenir à Mimi, à environ 11 kilomètres de là, avant de reprendre la direction de Birao.
Ce déplacement intervient alors que plusieurs groupes de mercenaires russes circulent dans le nord-est centrafricain, entre Ndélé, Sikikédé, Birao et les localités proches du Tchad.
Sur l’axe Sikikédé-Ndah, les conséquences pour les civils sont directes : des passants frappés, des téléphones et de l’argent confisqués, des pépites d’or volées et des centaines de motos concernées par les contrôles. Ces faits, recueillis dans le cadre de l’investigation de la rédaction du CNC, décrivent une opération au cours de laquelle les accusations de collaboration avec les rebelles ont servi de justification aux agressions et aux pillages de civils.
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