Attaque d’Am-Dafock : l’enquête du CNC écarte définitivement Nourredine Adam et dévoile le montage autour d’Aboulkassim Algoni et Hassan Bouba, les deux sous-mains de Wagner

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L’attaque subie par la localité d’Am Dafock le 30 juin dernier a longtemps alimenté une version erronée imputant l’offensive à Nourredine Adam et son mouvement. Des recoupements rigoureux menés auprès de sources de terrain permettent d’établir avec certitude que le chef rebelle n’a joué aucun rôle dans cette opération. Le tableau initial se dissipe pour laisser apparaître les rouages d’une stratégie élaborée dans l’ombre de la milice russe Wagner et de Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro.

 

Les investigations conduites par la rédaction du CNC montrent  une entreprise d’illusionnisme militaire. L’alliance exhibée lors de l’assaut manquait en réalité de consistance technique, regroupant divers éléments armés sans leur fournir le matériel indispensable à une action d’envergure.

 

Am-Dafock : l’enquête du CNC écarte Nourredine Adam et dévoile le montage autour d’Abderkassim et Hassan Bouba, les deux sous-mains de Wagner
Les rebelles qui patrouillent la ville d’Amdafock à 60km de Birao

 

Aboulkassim Algoni et Hassan Bouba au centre du dispositif piloté par Wagner

 

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La véritable charpente de cette entreprise repose sur une entente entre deux figures bien connues du paysage sécuritaire centrafricain. D’un côté figure Aboulkassim Algoni  , ancien conseiller à la présidence issu du MPC, mouvement patriotique centrafricain, réfugié au Tchad après son départ du pays. De l’autre se trouve Hassan Bouba, actuel ministre de l’Urbanisme et figure dominante d’une faction de l’UPC, surtout, porte-voix du groupe Wagner dans son sal boulot.

 

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Installé en territoire tchadien, Abderkassim, sur décision du groupe Wagner et de Hassan Bouba,  a tissé des connexions le long de la bande frontalière avec le Soudan. Ce réseau a permis d’enrôler des éléments isolés de la rébellion soudanaise des Forces de soutien rapide afin de gonfler artificiellement les rangs des assaillants qui pourraient attaquer la ville d’Am-Dafock.

 

L’objectif visait à offrir le spectacle d’une vaste déferlante rebelle sur la ville, alors même que les hommes déployés ne répondaient à aucune chaîne de commandement unifiée.

 

Nourredine Adam écarté après les nouvelles vérifications du CNC

 

La mise au point de notre rédaction s’avère catégorique concernant la responsabilité des acteurs du conflit.

 

Si le nom de Nourredine Adam ainsi que la signature du FPRC avaient été avancés dans les premières heures de l’attaque, notamment par le journal Africa Intelligence, , les vérifications ultérieures  faite par la rédaction du CNC démontrent l’absence totale du chef de faction dans la préparation ou le suivi de cet assaut.

 

Nourredine Adam n’a ni ordonné la manœuvre ni fourni de troupes pour appuyer cette opération frontière.

 

Le CNC rectifie ainsi formellement ses informations antérieures. Les faits pointent désormais en direction des arrangements noués entre Abderkassim, Hassan Bouba et les stratèges de la présence russe.

 

Une opération présentée comme une attaque rebelle

 

L’artifice reposait sur la création d’un rassemblement hétéroclite destiné à semer la confusion.

 

Nombre de combattants ont été attirés dans ce piège sans percevoir la nature exacte du projet auquel ils prêtaient leur concours. Privés d’équipements lourds et de munitions adaptées, ces hommes ont servi de figurants dans un scénario rédigé à leur insu.

 

Cette mise en scène ambitionnait d’accréditer la thèse d’une offensive majeure déclenchée par la rébellion.

 

Les constats établis par notre équipe mettent en lumière la manière dont cette couverture a servi à masquer la responsabilité directe des commanditaires.

 

Les éléments recueillis par notre rédaction orientent ainsi l’enquête vers une opération préparée avec l’implication de réseaux liés à Wagner, avec Abderkassim et Hassan Bouba comme principaux relais centrafricains.

 

Wagner derrière le montage d’Am Dafock

 

Au cœur de cette machination apparaît la volonté de l’organisation paramilitaire Wagner d’orchestrer un événement susceptible de démontrer son utilité stratégique et ainsi freiner la volonté de Poutine de déployer les éléments d’AfricaCorps. Pour les mercenaires russes, il s’agissait d’exhiber une efficacité sans pareille aux yeux de Moscou et du président Poutine, en fabriquant une menace sur mesure pour mieux la réduire, ainsi, donner du poids aux arguments de Touadera qui a longtemps refuser le déploiement de forces d’Africa corps que Poutine veut à tout prix les déployer en Centrafrique.

 

Grâce aux connexions entretenues par Hassan Bouba avec l’appareil mercenaire, le piège s’est refermé méthodiquement. Wagner a laissé la ville tomber entre les mains de cette coalition de circonstance avant d’organiser une contre-offensive spectaculaire quelques jours plus tard.

 

Le groupe russe s’offrait ainsi un succès médiatique et militaire opportun, apparaissant comme le seul rempart capable de rétablir l’ordre face à un péril qu’il avait lui-même contribué à fabriquer.

 

Abderkassim arrêté au Tchad

 

L’affaire connaît un rebondissement judiciaire majeur au-delà de la frontière.

 

Abderkassim a été interpellé par les services de sécurité tchadiens à N’Djamena, où il demeure incarcéré depuis trois semaines.

 

Les autorités de N’Djamena ont très peu apprécié l’implication des éléments rebelles tchadiens et des mercenaires sud-soudanais dans cette aventure déstabilisatrice à  sa frontière.

 

Notre journal publiera très prochainement les détails relatifs aux conditions de cette arrestation.

 

L’éclairage apporté sur l’épisode d’Am Dafock dissipe les fausses pistes : hors de cause, Nourredine Adam cède la place dans ce dossier à l’alliance conclue entre Abderkassim, Hassan Bouba et la direction de Wagner pour façonner une crise de toutes pièces.

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com