Centrafrique : qu’est-ce qui se cache derrière l’affaire des visas des artistes centrafricains. CNC a mené sa propre enquête

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Centrafrique : qu’est-ce qui se cache derrière l’affaire des visas des artistes centrafricains. CNC a mené sa propre enquête

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Depuis plusieurs jours, une polémique prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux en République centrafricaine. Des accusations graves circulent, poussant la rédaction de CNC à mener ses propres recherches durant 72 heures pour établir la vérité. Ce que nos investigations ont permis de découvrir est pour le moins inattendu.

 

Un silence nécessaire sur certains points

Nous avons choisi de ne pas tout diffuser immédiatement. Certains éléments de ce dossier touchent à la vie privée ou présentent un caractère trop confidentiel pour être jetés en pâture au public. Toutefois, nous allons apporter des explications précises pour que chaque Centrafricain comprenne les dessous de ce qui se joue dans les coulisses de notre monde musical.

 

Les origines de la dénonciation

Tout commence par l’intervention d’un jeune artiste sur les réseaux sociaux. Bien que ses propos aient manqué d’organisation, il a pointé du doigt une situation précise concernant l’obtention des visas des artistes pour la France. Selon lui, une star majeure de la musique centrafricaine ferait barrage à ses confrères.

 

L’artiste visé est Ozaguin, star de la rumba centrafricaine, de mère centrafricaine et de père congolais. Sa popularité est immense, mais il est aujourd’hui indexé comme étant celui qui bloque l’accès à l’Europe pour d’autres talents centrafricains.

 

Le lien privilégié avec l’ambassade

Au cœur de cette affaire se trouve une connexion directe entre Ozaguin et un certain Didier, responsable du service des visas à l’ambassade de France à Bangui. Nos recherches confirment une proximité étroite entre les deux hommes, d’abord dans leur club privé d’homme à homme que tout le monde connait en RCA.

 

Les deux hommes partagent des intérêts très privés au sein de ce cercle restreint que les jeunes banguissois commencent petit à petit à y intéresser ce dernier temps.

 

Suite à cette proximité, Didier a nommé Ozaguin  comme Ambassadeur de leur  club de rugby, alors même que l’artiste ne pratique pas ce sport. Cette relation d’intimité permet à Ozaguin de bénéficier d’un accès direct aux services consulaires.

 

Un système de “titres” détournés

Contrairement à ce qui a été dit par le jeune dénonciateur, Ozaguin ne vole pas les passeports des autres artistes. Le procédé est plus clair:

 

Le business des “artistes de circonstance

 

Les investigations de notre équipe confirment que lors des voyages de la star Ozaguin, sa délégation officielle ne compte en réalité qu’un ou deux musiciens de métier. Le reste du groupe est composé de profils standard qui achètent leur place pour rejoindre l’Europe. Nous avons pu confirmer tout ce que cet jeune artiste l’a dit. Et c’est vrai. Parmi ces heureux bénificiaires qui ont obtenu leur visa grâce à Ozaguin, on retrouve Yaya Kôta Kôta, le propriétaire d’une quincaillerie qui gère ses affaires au quotidien loin des studios de musique. À ses côtés, on identifie également Koguet Juillet, dont l’activité réelle se situe au bureau sur les baleinières au niveau de Sêngué Bambé. Voir ces commerçants tenir le rôle de musiciens pour obtenir des papiers provoque une colère immense au sein de la communauté artistique. Ces hommes profitent d’un titre qui ne leur appartient pas, pendant que les véritables artistes centrafricains restent bloqués à Bangui avec des refus de visa inexpliqués.

 

Le cas Thibault  alias “Champagne”

Un exemple précis permet de comprendre l’emprise totale d’Ozaguin sur les décisions de l’ambassade. Il s’agit du dossier de M. Thibault, plus connu sous le surnom de Champagne, un commerçant de bière et d’alcool qui gravite depuis longtemps dans l’entourage de la star. Habituellement, ce dernier obtenait son droit de voyager grâce à l’influence de l’artiste. Toutefois, le jour où Monsieur Champagne a voulu agir de manière autonome en obtenant un visa de six mois par ses propres moyens, la donne a changé. Dès qu’il a appris la nouvelle, Ozaguin s’est rendu auprès de son partenaire M. Didier, le chef du service des visas, pour exiger une mesure radicale : l’annulation pure et simple du visa de Monsieur Champagne. Cet acte montre que toute tentative d’indépendance est punie. Nous possédons des preuves et des documents qui confirment ce réseau de favoritisme et nous les sortirons si ce business continue de pénaliser la carrière des autres créateurs centrafricains.

 

Par Gisèle MOLOMA

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