Centrafrique : l’ITIE-RCA relance ses activités à travers des réformes après plusieurs années de suspension.

Bangui 16 janvier 2017, CNC.
Par Eric NGABA
L’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) de Centrafrique relance ses activités nationales de 2017, ceci après 3 années de d’inactivités du faite de la crise militaro-politique qui a ravagé la République Centrafricaine. Lors d’une conférence de presse organisée le vendredi dernier à Bangui, le Coordonnateur national de l’ITIE Robert Moidokana a annoncé des réformes durant cette année afin redynamiser cette institution de la bonne gouvernance des ressources extractives en Centrafrique.
Les événements du 24 mars 2013 ont mis un terme à la mise en œuvre et anéanti l’ITIE qui était alors, une fierté nationale. Ces événements ont entrainé la suspension de la République Centrafricaine des instances internationales de l’ITIE le 10 avril 2013. Informés de cette décision, les acteurs impliqués dans cette structure se sont mobilisés pour joindre les efforts à ceux des parties prenantes pour demander au gouvernement, la poursuite de la mise en œuvre de l’ITIE, et à la communauté internationale, la levée de la suspension de la République Centrafricaine. Le 18 septembre 2013, le Conseil National de l’ITIE-RCA avait saisi le Conseil d’Administration de l’ITIE internationale aux fins de la levée de cette suspension.
Eu égard à la gravité de la crise qui prévalait dans le pays, le Conseil National avait saisi de nouveau, le 2 avril 2014, le Conseil d’Administration pour solliciter cette fois-ci la prorogation de la suspension de la République Centrafricaine. En octobre 2015 un Rapport sur l’état des lieux de l’ITIE- RCA avait été publié par le cabinet Fair Links, présentant de manière factuelle et indépendante un diagnostic de l’état de la mise en œuvre de l’ITIE en République Centrafricaine, tout en recommandant les prochaines étapes du processus et la remise en marche de la gouvernance publique des industries extractives. Ces recommandations visent potentiellement l’engagement du Gouvernement, des entreprises pétrolières, minières, forestières et les organisations de la société civile à poursuivre la mise en œuvre de l’ITIE sur le plan national ; l’adoption d’un Plan de travail budgétisé et la restructuration des organes de la mise en œuvre de l’ITIE-RCA.
Un début de réforme après le retour à l’ordre constitutionnel
Dès la mise en place du nouveau Gouvernement, le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji a aussitôt convoqué la session ordinaire du Conseil National de l’ITIE-RCA en vue d’examiner les modalités de la mise en œuvre des recommandations de l’administrateur indépendant. C’est ainsi que fut organisé le 27 juillet 2016, la session ordinaire du Conseil National de ITIE-RCA ayant permis d’adopter le plan de travail 2016-2017 et la restructuration des organes de la mise en œuvre de l’ITIE-RCA par la mise en place du Comité National de Pilotage de l’ITIE-RCA présidé par le Premier Ministre.
« Dans le cadre de la préparation de la relance des activités nationales de l’ITIE, plusieurs textes officiels ont été signés. Notamment, le Décret portant réorganisation du dispositif institutionnel et fonctionnel de l’ITIE-RCA et les Décrets entérinant la désignation des membres du Comité National de Pilotage et du Secrétariat Technique pour une période de cinq (05) ans. Le nouveau Comité National de Pilotage a tenu sa première session ordinaire le 23 décembre 2016. Au-delà d’une session de prise de contact, elle a permis de relancer les activités nationales de l’ITIE et d’actualiser le Plan d’Action ITIE-RCA de 2017 » a expliqué le Coordonnateur national de l’ITIE Robert Moidokana .
La formation des nouveaux membres du Comité National de Pilotage
Le Coordonnateur national a fait savoir que dans le Plan d’action de l’ITIE RCA de 2017, il a été prévu des activités relatives à la formation des nouveaux membres du Comité National de Pilotage et l’évaluation du cadre juridique et institutionnel national par rapport aux Normes de 2016.
Cependant, Robert Moidokana a précisé que deux activités n’étaient pas prévues pour 2017 à savoir la production du rapport ITIE-RCA et la demande de levée de suspension.
« La non production du Rapport ITIE-RCA, car une difficulté technique certaine se pose, celle de l’absence des données statistiques et fiscales des années 2011 à 2015 due au pillage, au départ des entreprises du pays et à la sanction relative à la suspension des exportations de diamants centrafricains. Quant au sursis à la demande de levée de suspension, il y a lieu de rappeler que la République Centrafricaine avait été suspendue de l’ITIE sous le régime des Règles de l’ITIE », a-t-il expliqué.
Depuis février 2016, il y a eu l’adoption des normes qui ont apporté de changements notables dans la mise en œuvre de l’ITIE. Il s’agit notamment des informations sur la situation contextuelle, de la publication des contrats, des données ouvertes, de la propriété réelle et des clauses de sauvegarde perçues comme des nouveautés. Pour cela, a expliqué le Coordonnateur national, les membres du Comité National de Pilotage de l’ITIE-RCA et certaines parties prenantes qui ne siègent pas au Comté doivent s’approprier au préalable la norme ITIE, ceci, pour leur permettre d’évaluer efficacement le cadre juridique et institutionnel national avant d’envisager la demande de levée de suspension dans la perspective d’une mise en œuvre pérenne.
La République Centrafricaine, faut-il rappeler, a été suspendue de l’ITIE pour cause d’instabilité politique et de l’insécurité qui ne favoriseraient pas la mise en œuvre rigoureuse de l’initiative. Le pays avait adhéré au processus ITIE en mai 2007. Il avait été reconnu « Pays Candidat » à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) le 21 novembre 2008, et « Pays Conforme » le 1er mars 2011. Ces avancées rapides dans la mise en œuvre de l’Initiative avait fait valoir à la République Centrafricaine le trophée de la mise en œuvre rapide et réussie de l’ITIE en guise de reconnaissance internationale.
Eric NGABA



![Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires russes , aux FACA et à la coalition UPC-LRA Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires Wagner, aux FACA et à la coalition UPC-LRA Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC La Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé (AAKG) a rendu public un communiqué officiel adressé à l’opinion nationale et internationale, dans lequel elle documente des violations graves des droits humains commises dans la région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine. Les faits dénoncés impliquent directement les Forces armées centrafricaines (FACA), les mercenaires russes du groupe Wagner — désormais rebaptisé Africa Corps — et la coalition formée par l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et la Lord’s Resistance Army (LRA). Le communiqué de la Coordination AAKG rappelle en préambule que le groupe avait soumis, le 04 février 2026, des recommandations pacifiques au gouvernement centrafricain, dans le but d’obtenir une résolution apaisée du conflit. Ces recommandations sont restées sans réponse. Le gouvernement du dictateur Faustin Archange Touadéra a choisi d’ignorer cette démarche, ouvrant ainsi la voie à une escalade des violences dans le Haut-Mbomou. Pire, selon le même document, la déclaration publique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, à l’encontre du groupe AAKG, a aggravé la situation au lieu de l’apaiser. Le communiqué indique que depuis cette prise de position hostile, les exactions se sont multipliées dans la région, ciblant aussi bien les biens des civils que les infrastructures collectives. Des pillages contre la communauté Azande. Le communiqué de l’AAKG décrit une campagne de destruction délibérée menée par les mercenaires russes Wagner contre les biens de la communauté Azande dans le Haut-Mbomou. Les faits rapportés ne relèvent pas d’incidents isolés : il s’agit d’une série d’actes de pillage qui visent méthodiquement les avoirs des populations civiles, les privant de ressources essentielles à leur survie quotidienne. Le communiqué précise que ces destructions s’inscrivent dans un contexte où la communauté Azande attendait un signal de bonne foi de la part des autorités centrafricaines. Ce signal n’est jamais venu. À la place, les mercenaires d’AfrikaCorp et les FACA ont poursuivi leurs opérations militaires contre les positions du groupe, en violation de la cessation d’hostilités que la Coordination AAKG avait pourtant décidé d’observer unilatéralement. Alors, des infrastructures publiques délibérément détruites. L’un des aspects les plus graves du communiqué concerne la destruction d’infrastructures publiques dans plusieurs localités du Haut-Mbomou. Le document cite nommément les établissements suivants, qui ont été ciblés et saccagés : L’École AIM de Zemio, un établissement scolaire dont la destruction prive des centaines d’enfants de leur droit à l’éducation. L’hôpital de la sous-préfecture de Bambouti, ainsi que l’ensemble des biens mobiliers de cette sous-préfecture, ont également été touchés. Le Centre de Santé du village Tabane, structure sanitaire indispensable pour les populations rurales de la zone, figure aussi parmi les cibles. Le communiqué mentionne par ailleurs plusieurs autres établissements publics répartis dans différentes localités du Haut-Mbomou, sans en donner l’inventaire exhaustif. Ces destructions d’écoles et de centres de santé constituent, selon le droit international humanitaire, des violations graves des règles de protection des civils en temps de conflit armé. Au-delà des pillages et des destructions matérielles, le communiqué de la Coordination AAKG signale des enlèvements de civils perpétrés sur l’axe Mboki. Ces actes sont attribués à des milices affiliées à des factions armées, notamment des éléments liés à l’UPC et à la LRA, opérant avec l’appui direct des mercenaires russes Wagner. Selon le communiqué, le recours aux enlèvements vise délibérément à aggraver le climat d’insécurité dans la région et à terroriser les populations civiles déjà fragilisées par des années de conflit. L’axe Mboki, qui constitue un couloir vital pour les déplacements et les approvisionnements dans le Haut-Mbomou, est ainsi rendu dangereux par ces opérations menées en toute impunité. La MINUSCA est aussi pointée du doigt dans ce communiqué. Le communiqué de l’AAKG ne ménage pas la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). La Coordination prend à témoin cette mission onusienne, qu’elle accuse d’avoir failli à sa mission de protection des civils dans le Haut-Mbomou. Le communiqué indique que les populations locales attendent désormais avec urgence une intervention concrète de la MINUSCA, dont le mandat prévoit explicitement la protection des non-combattants. L’absence de réaction de la mission face aux événements en cours constitue, aux yeux de la Coordination, une forme de complicité passive avec les auteurs des exactions. Le communiqué insiste sur un point central : la Coordination AAKG a, de sa propre initiative, décidé de respecter une cessation des hostilités afin de laisser la place au dialogue. Cette décision, prise de bonne foi, n’a pas été honorée par l’autre camp. Les mercenaires russes Wagner et les FACA ont continué de mener des attaques contre les positions du groupe, ignorant totalement le geste d’ouverture posé par la Coordination. Ce constat d’échec du cessez-le-feu unilatéral est central dans le raisonnement du communiqué. Il démontre, selon l’AAKG, que les forces gouvernementales et leurs supplétifs russes ne recherchent pas une solution négociée, mais cherchent à écraser militairement toute opposition dans le Haut-Mbomou. L’AAKG réaffirme son engagement pour la paix tout en refusant le silence En conclusion de son communiqué, la Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé réaffirme que son engagement reste orienté vers la protection des populations civiles et la recherche d’une paix durable dans la région. Mais le groupe prévient clairement qu’il ne peut pas rester silencieux devant les atteintes répétées à la dignité humaine et aux droits fondamentaux que subissent les Azande du Haut-Mbomou. Cette déclaration intervient dans un contexte de tension extrême dans le sud-est de la Centrafrique, une zone enclavée où l’accès humanitaire reste difficile et où les violations des droits humains sont rarement documentées par les médias internationaux. Corbeau News Centrafrique continuera de suivre l’évolution de la situation dans le Haut-Mbomou. Par Anselme Mbata Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](http://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/capture-decran-de-la-video-des-soldats-FACA-menacant-a-mort-peut-etre-tue-un-civil-non-arme-218x150.jpg)
