Accusée du meurtre de sa propre fille de 13 ans, une femme, libérée de la gendarmerie, fait retourner la justice contre sa belle-famille. Incroyable! Comment la justice centrafricaine fonctionne en 2026

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Accusée du meurtre de sa propre fille de 13 ans, une femme, libérée de la gendarmerie, fait retourner la justice contre sa belle-famille. Incroyable! Comment la justice centrafricaine fonctionne en 2026

 

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patrouille_gendarmes-bangui – Bouca : L’arrestation par les Wagner de 3 hauts responsables de la sécurité

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Kaga-Bandoro, une mère a été arrêtée pour avoir empoisonné à mort sa fille de treize ans et ressort libre de la gendarmerie, avant de retourner la machine judiciaire contre ceux qui avaient réclamé sa prison.

 

Quand une meurtrière présumée devient celle devant qui il faut s’agenouiller pour être libéré, on comprend que la justice centrafricaine a changé de camp depuis longtemps.

 

En effet, tout commence à Kaga-Bandoro, capitale de la Nana-Gribizi. Une femme soupçonne son mari d’avoir une maîtresse. Incapable de diriger sa rage vers son époux, elle glisse du poison dans le repas de sa fille de treize ans. L’enfant mange, s’effondre et ne se relève plus. La gendarmerie arrête la mère suspecte, qui porte encore dans ses bras un bébé de neuf mois.

 

C’est là que les choses prennent une tournure qui échappe à toute logique judiciaire. Les gendarmes de Kaga-Bandoro, au lieu de transmettre le dossier au parquet, préfèrent convoquer la famille du mari de la suspecte et lui posent la question : que faire de la suspecte ? Écoutez bien ceci ! On va faire quoi avec cette dame ? On l’amène en prison ou on la libère ?

 

De son côté, la famille du mari répond clairement : qu’elle aille en prison, au moins quelques mois, pour lui faire comprendre ce qu’elle a fait. Tuer sa propre fille, elle est capable de tuer n’importe quelle personne, y compris son mari. Le mieux, elle doit faire la prison, réclame la belle-famille.

 

Contre toute attente, le mari de la suspecte, lui, dit non. Il explique que sa femme a encore un bébé de neuf mois entre ses mains, et qu’elle ne doit pas aller en prison.

 

La gendarmerie s’aligne alors sur la décision du mari. La femme est libérée immédiatement.

 

Dès sa sortie, la femme quitte Kaga-Bandoro pour Bangui, sans attendre. Une fois arrivée dans la capitale, elle se rend au domicile du grand-frère de son mari au quartier Gobongo, dans le quatrième arrondissement. Sur place, elle retrouve le grand-frère du mari, qui avait réclamé son emprisonnement à la gendarmerie. En face de son beau-frère, la femme lui dit clairement que son coup contre elle a échoué, et qu’elle est désormais libre. C’est à son tour de lui montrer dans quelle boîte elle se chauffe.

 

Le lendemain, la femme part retrouver sa copine, maîtresse du commandant Yarkokpa, qui habite également au quartier Gobongo. Elle fait ressortir la vieille photo de son beau-frère, prise plusieurs années auparavant lorsqu’il était autodéfense à Ouanda-Djallé. À cette époque, le monsieur combattait aux côtés des soldats FACA contre les rebelles du FPRC et du RPRC. Un jour, après une opération, l’équipe était en joie d’avoir repoussé les rebelles. Les éléments étaient contents et prenaient des photos. Le monsieur, lui aussi, avait pris une photo avec sa tenue et son arme.

 

C’est cette photo que la femme apporte à la copine du commandant Yarkokpa, de la garde présidentielle, qui est aussi sa voisine à Gobongo. La copine la transmet au commandant, lui disant que cet homme qui habite ici n’est pas un commerçant, c’est un rebelle. Le commandant regarde la photo et tranche : c’est un rebelle. Le grand-frère est arrêté et conduit à la SRI, la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui.

 

La machine s’emballe alors dans tous les sens. Le mari de la femme, furieux que sa femme libérée grâce à lui se retourne contre son propre grand-frère, lui signifie qu’il la quitte définitivement et récupère l’enfant de neuf mois.

 

Et ce n’est pas tout ! C’est là le cœur du problème. La femme court aussitôt informer le commandant Yarkokpa de ce que son mari vient de faire. Le commandant Yarkokpa, de son côté, ordonne immédiatement l’arrestation du mari. Les hommes du commandant vont cueillir le mari à son tour et le conduisent à la SRI.

 

Deux hommes sont maintenant derrière les barreaux. Et la folie continue. Le directeur de la SRI convoque le mari et lui explique les conditions de sa libération : ramener l’enfant à la femme, lui demander pardon, promettre de ne jamais la quitter.

 

Le mari, soucieux d’être libre, s’exécute. Il demande à ses proches de ramener le bébé. Il demande également pardon à sa femme et lui promet de ne plus la quitter. Immédiatement, il est relâché de la SRI.

 

Puis c’est au tour du grand-frère. Le directeur de la SRI lui dit que pour être libre, il doit demander pardon à la femme de son petit frère. Incroyable ! Le grand-frère doit s’agenouiller devant elle et implorer son pardon.

 

Regardez : une femme a tué sa propre fille de treize ans. Elle n’a passé aucune nuit en cellule, n’a croisé aucun juge, n’a entendu aucune mise en examen. En revanche, deux hommes de sa belle-famille ont été arrêtés, humiliés et contraints de s’agenouiller devant elle pour recouvrer leur liberté. Le nourrisson de neuf mois a servi de monnaie d’échange dans une négociation menée non pas dans un prétoire, mais dans les bureaux d’une unité de gendarmerie.

 

Par Gisèle MOLOMA

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